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Clim réversible ne s’arrête pas quand la température est atteinte: que faire?

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Ding de la télécommande, 22 °C s’affichent et pourtant la soufflerie refuse le silence. Entre la promesse de confort et le ronron qui s’attarde se cache une mécanique subtile, savant mélange d’électronique, de capteurs et d’économies d’énergie. Découvrons pourquoi votre clim réversible joue les prolongations et comment lui offrir le repos mérité sans sacrifier votre bien-être.

Pourquoi la clim réversible continue après la température cible ?

Le panneau d’affichage indique la bonne température, vous espériez le silence retrouvé, pourtant l’unité intérieure souffle encore. Cet écart entre l’afficheur et votre attente tient moins d’un caprice que d’une stratégie soignée : protéger la mécanique, stabiliser l’ambiance et limiter les démarrages brutaux, grands consommateurs d’énergie.

Cycle inverter et hystérésis, clés du fonctionnement

L’électronique pilote un compresseur « inverter » capable de varier sa vitesse. Au lieu d’alterner marche et arrêt, le moteur ralentit puis accélère pour coller à la demande. Cette modulation douce réduit l’usure et garde le rendement au plus haut. Tant que la pièce n’a pas absorbé la puissance résiduelle, le compresseur tourne à bas régime : la soufflerie paraît alors inutile alors qu’elle évite un va-et-vient énergivore.

S’ajoute la notion d’hystérésis, autrement dit un petit delta de sécurité programmé dans la carte électronique. La clim coupe rarement pile à la consigne. Elle vise un seuil un peu plus bas en mode froid (ou plus haut en mode chaud) puis laisse la température remonter jusqu’à l’autre bord de la bande. Ce tampon de quelques dixièmes à deux degrés empêche les micros-arrêts qui fatigueraient relais et compresseur.

On observe enfin une légère inertie thermique : le temps que l’air pulsé se mélange, la sonde capte encore une valeur fluctuante. Le logiciel garde donc le compresseur actif, voire seulement le ventilateur, pour lisser le gradient et offrir une sensation stable au corps plutôt qu’une suite d’à-coups.

Influence du mode chauffage ou refroidissement

En mode rafraîchissement, l’unité intérieure déshumidifie l’air. Le ventilateur continue parfois seul, après l’arrêt du compresseur, afin d’évacuer l’eau qui perle sur l’échangeur et de sécher les ailettes. Une coupure immédiate laisserait l’humidité stagner, terrain propice aux moisissures.

Côté chauffage, la machine doit gérer la condensation sur l’unité extérieure. Lorsque le givre menace, la carte lance un cycle « déshivermage » : le compresseur inverse momentanément le flux pour réchauffer l’échangeur. Durant cette phase, l’unité intérieure souffle tiède ou s’arrête, mais le ventilateur peut redémarrer ensuite pour stabiliser l’ambiance, d’où la sensation d’une clim qui « tourne toujours » alors que la consigne semble atteinte.

Un dernier détail joue : la majorité des fabricants prévoient une marge plus large en mode chauffage qu’en mode refroidissement, car la pièce perd plus vite ses calories qu’elle ne gagne du froid. L’appareil anticipe donc une petite chute de température et prolonge la soufflerie, quitte à dépasser légèrement la cible pour éviter que vous ne ressentiez un courant d’air froid quelques minutes plus tard.

Causes fréquentes d’une clim réversible qui ne s’éteint pas

Sonde de température défaillante ou mal placée

Le petit capteur logé dans l’unité intérieure agit comme les yeux de la machine. S’il tombe en panne ou s’il se retrouve collé contre un mur froid, à côté d’une lampe ou en plein courant d’air, la clim se croit au mauvais endroit au mauvais moment. Elle continue donc de souffler pour atteindre une température qui n’a aucune chance d’être mesurée correctement. Un technicien peut contrôler la valeur ohmique de la sonde et la repositionner à distance de toute source de chaleur, environ 1 mètre cinquante au-dessus du sol, cœur de la pièce.

Filtres encrassés et circulation d’air insuffisante

Poussière, poils d’animaux, graisse de cuisine, tout finit par colmater la maille des filtres. L’air circule mal, l’échange thermique aussi et la machine pédale dans le vide. Le compresseur tourne plus longtemps, la consommation grimpe, le confort s’effondre. Un simple passage à l’aspirateur, puis un rinçage à l’eau tiède, suffit souvent à retrouver un flux régulier. Pour les logements très exposés aux pollens ou aux particules fines, un nettoyage mensuel reste le meilleur bouclier contre l’emballement de la durée de fonctionnement.

Isolation insuffisante ou appareil sous dimensionné

Murs creux, combles peu isolés, fenêtres simple vitrage, la chaleur entre en été comme en hiver elle s’échappe. La clim lutte contre des déperditions constantes, grimpe en régime maximal et ne s’arrête quasiment jamais. Même scénario si la puissance de l’appareil a été calculée trop juste lors de l’installation. Un dimensionnement précis, basé sur le volume, l’orientation et le taux de renouvellement d’air, évite ce marathon énergivore. Quand l’enveloppe du bâtiment est améliorée, la machine peut enfin souffler, au propre comme au figuré.

Paramétrage thermostat, mode ventilation ou déshumidification

Un oubli de réglage suffit à déclencher des heures de fonctionnement continu. La télécommande reste parfois coincée sur le mode fan ou dry. Dans ces configurations, le compresseur se met au repos mais le ventilateur intérieur brasse l’air sans arrêt, donnant l’impression d’une clim qui ne veut pas s’éteindre. Un décalage d’un seul degré entre la consigne et la température souhaitée peut aussi prolonger la marche. Vérifier la consigne, repasser en mode cool ou heat, activer la fonction auto stop si disponible, suffit souvent à rétablir un cycle normal.

Diagnostic maison, les vérifications à faire soi-même

Contrôler la consigne sur la télécommande

Prenez la télécommande dans la main, visez l’unité intérieure puis lisez la température demandée. Une consigne fixée à 22 °C l’hiver ou 26 °C l’été suffit souvent à créer un écart entre confort et consommation. Vérifiez aussi l’icône active : flocon pour le froid, soleil pour le chauffage, goutte pour le mode sec. Un simple appui peut bloquer l’appareil en mode ventilation, ce qui prolonge inutilement le fonctionnement du ventilateur. Si la maison compte plusieurs unités, assurez-vous que la consigne est cohérente partout pour éviter qu’un split ne compense les erreurs d’un autre.

Mesurer la température ambiante avec un thermomètre fiable

Un thermomètre indépendant rappelle la réalité du salon bien mieux qu’une sonde interne placée près du plafond. Placez l’appareil à hauteur d’homme, loin des fenêtres et de la sortie d’air. Patientez dix minutes. Comparez ensuite la valeur relevée à la consigne affichée. Un écart de deux à trois degrés révèle souvent une sonde vieillissante ou mal positionnée. Avant d’incriminer la machine, testez le thermomètre dans une autre pièce pour exclure un défaut de l’instrument.

Lire voyants et codes erreurs de l’unité intérieure

La façade clignote ? Comptez les éclats, repérez leur couleur puis ouvrez le petit guide fourni avec l’appareil. Trois flash verts répétés peuvent indiquer un filtre bouché alors qu’un clignotement rouge continu signale souvent une alerte compresseur. Sur les modèles récents, l’écran affiche parfois un code alphanumérique que l’on retrouve rapidement dans le manuel utilisateur. Photographiez le panneau avant de couper le courant, cela aidera le service après-vente si le problème persiste.

Tester le flux sortant et nettoyer les filtres

Placez votre main à vingt centimètres de la bouche de soufflage. Le flux doit être franc, régulier et atteindre la température souhaitée en moins de deux minutes. Un souffle tiède en mode froid ou faiblement chaud en mode chauffage trahit souvent un filtre colmaté. Avant de crier à la panne, passez à ces étapes rapides :

  • coupez l’alimentation électrique,
  • ouvrez le capot, retirez les filtres puis aspirez la poussière sans les abîmer,
  • rincez à l’eau tiède, laissez sécher,
  • remettez en place, refermez et relancez l’appareil.

Le débit revient immédiatement dans la majorité des cas. Si l’air reste faible, l’obstruction peut se situer plus loin dans l’échangeur et justifie un passage de technicien.

Quand faire appel à un technicien climatisation SAV ?

Les climatiseurs réversibles embarquent désormais autant d’électronique qu’un ordinateur portable et manipulent un fluide sous pression. Quand les signaux d’alerte dépassent le simple filtre encrassé, mieux vaut passer le relais à un spécialiste. Voici les situations qui méritent un diagnostic d’atelier :

  • baisse brutale de performance ou bruits mécaniques inhabituels
  • voyants qui clignotent et codes erreur incompréhensibles
  • température intérieure incontrôlable malgré un thermostat correctement réglé

Symptômes d’électronique ou compresseur défectueux

Un compresseur qui grogne, démarre en saccades ou reste muet alors que la commande lui ordonne de fonctionner, c’est le cœur même de l’installation qui vacille. L’électronique de puissance peut aussi griller après une surtension et priver le moteur de l’impulsion nécessaire. Si l’appareil saute régulièrement le disjoncteur, affiche un code erreur lié à la platine ou laisse apparaître des traces de brûlure autour du capot, l’intervention d’un technicien est la seule option sûre. Le professionnel dispose d’un multimètre, d’un mégohmmètre et du logiciel constructeur pour tester chaque composant sans aggraver la panne.

Suspicion de fuite de fluide frigorigène

Une clim qui souffle tiède alors que le compresseur tourne, un givre anormal sur le détenteur ou une odeur légèrement métallique dans la pièce, autant de signes qui pointent vers une fuite de fluide. Le gaz réfrigérant ne s’évapore pas seulement, il pollue et met le compresseur en surchauffe. La loi impose d’ailleurs qu’un circuit soit rechargé uniquement par un technicien détenteur de l’attestation de capacité. Avec un détecteur électronique, il localise la micro-fuite, soude ou sertit, puis vide et recharge l’installation au gramme près.

Vérification et remplacement des capteurs de température

Quand la consigne est correcte mais que l’unité intérieure se comporte comme si la pièce était glacée ou brûlante, les thermistances peuvent être en cause. Un capteur décalé de quelques ohms fausse l’information envoyée à la carte de contrôle et fait tourner la clim interminablement. Le technicien mesure la résistance des sondes à différentes températures, compare avec la courbe constructeur et change le composant si besoin. Il en profite pour recalibrer le thermostat et mettre à jour le micrologiciel, histoire que les nouveaux capteurs dialoguent sans accroc avec l’ensemble du système.

Entretien et réglages pour éviter la surconsommation

La climatisation réversible offre un confort étonnant, à condition de rester vigilants sur son état interne. Une poignée de gestes préventifs suffit souvent à préserver la performance initiale et à contenir la facture d’énergie. Filtres propres, réglages à jour, petite visite d’expert : un trio gagnant pour que l’appareil respire sans dévorer les kilowatts.

Nettoyer filtres, grilles et échangeurs chaque trimestre

Poussière, poils et pollens se déposent en silence, étouffent l’entrée d’air, forcent le ventilateur à tourner plus vite et le compresseur à s’emballer. Au bout de quelques semaines, la consommation grimpe, parfois de 10 à 20 %. Un nettoyage régulier empêche cette dérive et maintient le débit d’air nominal.

  • Couper l’alimentation, retirer les filtres de l’unité intérieure, passer l’aspirateur puis rincer à l’eau tiède.
  • Essuyer les grilles avec un chiffon humide, sans produit agressif.
  • Vérifier l’échangeur extérieur : un simple jet d’eau faible pression élimine feuilles et poussières.
  • Laisser tout sécher avant de remettre en route, cela évite les moisissures.

Ce rituel trimestriel prend moins de trente minutes et prolonge la durée de vie du matériel. Pour les foyers avec animaux ou fumeurs, un passage mensuel reste préférable.

Faire un entretien annuel par un professionnel certifié

Une fois par an, un frigoriste agréé contrôle la pression du fluide, l’étanchéité des raccords, la charge électrique et l’état du compresseur. Il vérifie aussi le rendement réel en mesurant la différence de température entrée-sortie et corrige les écarts éventuels. Cette visite garde la garantie valide et limite le risque de panne en pleine canicule.

Le technicien profite souvent de son passage pour nettoyer en profondeur l’échangeur, appliquer un traitement antibactérien, resserrer les connexions et remettre à zéro le compteur d’erreurs interne. Le coût de l’intervention se retrouve rapidement dans la baisse de consommation et l’allongement de la durée de vie de l’installation.

Mettre à jour le firmware et calibrer le thermostat

Les constructeurs publient désormais des correctifs qui affinent la modulation inverter et optimisent la gestion du dégivrage. Un micrologiciel récent réduit les micro-cycles et abaisse la consommation aux intersaisons. La mise à jour s’effectue via une clé USB ou l’application mobile, après avoir coupé l’appareil cinq minutes pour éviter tout bug.

  1. Vérifier la version actuelle dans le menu service.
  2. Télécharger le fichier depuis le site officiel, installer et redémarrer.
  3. Réaliser ensuite un étalonnage du thermostat : poser un thermomètre fiable à côté de la sonde, comparer les valeurs, ajuster le décalage sur ±1 °C si besoin.

Une température bien calibrée évite au système de poursuivre sa course vers un objectif fantôme, synonyme d’électricité gaspillée. Un simple réglage de deux degrés peut représenter plusieurs dizaines d’euros économisés sur la saison.

Optimiser l’usage pour réduire la consommation d’énergie

Choisir une consigne adaptée été comme hiver

Une consigne trop ambitieuse fait tourner le compresseur plus longtemps et gonfle la facture sans offrir plus de confort. En mode chauffage, 19 à 21 °C suffisent pour une pièce de vie, un degré de moins équivaut à près de 7 % d’électricité gagnée. En mode froid, viser 26 °C garde la pièce agréable tout en limitant l’écart avec l’extérieur : chaque degré supplémentaire évite un cycle complet à la machine. L’astuce simple : se fier au ressenti du premier quart d’heure, pas à la fraîcheur instantanée, car le corps s’habitue rapidement.

Petite règle pratique : ne jamais descendre en dessous de 8 °C d’écart avec la température extérieure. Au-delà, le système force, la peau se dessèche et l’humidité intérieure chute, un trio peu confortable… et coûteux.

Programmer les plages horaires et le mode éco

La majorité des unités réversibles intègrent maintenant une minuterie fine, parfois jusqu’au quart d’heure. Programmer deux ou trois créneaux cible l’occupation réelle : réveil, retour à la maison, soirée. Le reste du temps, le mode éco maintient juste l’inertie thermique, ce qui suffit largement quand la maison dort ou reste vide.

Pour ceux qui aiment les chiffres :

  • fonction éco : –2 °C en hiver, +2 °C en été, jusqu’à 15 % d’énergie économisée
  • module wi-fi ou passerelle domotique : coupure automatique après départ détecté
  • mode nuit : ventilation basse, bruit réduit, température plus douce pour un sommeil stable

Un réglage intelligent se fait une fois, puis s’oublie. La clim travaille quand on en profite, fait la sieste quand la maison est vide.

Améliorer l’isolation et ajuster le dimensionnement

Optimiser l’usage ne s’arrête pas à la télécommande. Joints de fenêtres, moustiquaires déroulantes bien plaquées, volets fermés aux heures chaudes : chaque fuite d’air est une fuite d’euros. Les calories et les frigories adorent les courants d’air, mieux vaut les priver de sortie.

Vient ensuite la question de la puissance. Une unité trop petite tourne en continu, une trop grande alterne démarrages et arrêts, les deux scénarios usent le matériel et consomment. Un installateur compétent calcule la charge thermique pièce par pièce, en tenant compte de l’isolation, de l’ensoleillement et des apports internes. Ajuster le dimensionnement, c’est offrir au système la zone de fonctionnement la plus efficace, celle où le compresseur vit longtemps et la facture reste sage.

En résumé, isolation renforcée et appareil bien calibré forment un duo gagnant : moins d’énergie perdue, plus de confort, une machine qui respire.

Quand la clim réversible s’entête à souffler, elle pointe rarement un défaut mais plutôt un filtre négligé, une sonde mal placée ou un logement qui fuit son énergie. Un nettoyage régulier, une consigne mesurée et une puissance adaptée suffisent à réconcilier silence, confort et facture. Combien de kilowattheures pourrions-nous ainsi préserver dans nos maisons ? Le prochain geste vous appartient.

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David Delgado
Je m’appelle David et je suis passionné par la climatisation et le confort thermique depuis plusieurs années. Mon objectif est de partager mon expérience et mes conseils pour vous aider à choisir, installer et entretenir les meilleures solutions adaptées à votre logement. Qu’il s’agisse de trouver un climatiseur performant, d’optimiser l’efficacité énergétique de votre habitation ou de décrypter les dernières tendances en matière de chauffage, je mets tout en œuvre pour vous accompagner à chaque étape et vous offrir un intérieur agréable, été comme hiver.

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